Le ministre de la Culture et du Patrimoine, Gilbert Raharizatovo, a décerné à Jean Gabin Fanovona, mort récemment, une distinction honorifique.
 En effet, ce lui-ci a été élevé, à titre posthume, au grade de Chevalier de l’Ordre national. D’après le ministre, c’est le Premier ministre Camille Vital lui-même qui aurait dû se déplacer pour remettre cette décoration à un illustre fils du Sud. Dans son allocution, Gilbert Raharizatovo a déclaré que la culture tient une place importante dans l’identité nationale. Représentant la Grande Ile lors de festivals et diverses manifestations artistiques à l’étranger, Jean Gabin Fanovona a honoré à sa manière cette identité malgache. Le ministre également soutenu que ce titre honore, dans une plus large mesure, toute la famille du défunt. Après cette remise de décoration, le groupe Vaovy et la famille ont interprété une composition de la famille pour remercier ceux qui étaient présents et plus particulièrement Monsieur le Ministre.
A titre posthume
Revenant sur la décoration, Jean-Emilien a fait remarquer qu’à titre posthume, elle est inutile pour les artistes. Effectivement, l’acquisition d’un tel titre engendre des droits voire des prérogatives pour les récipiendaires. Pourtant, rares sont les artistes qui acquièrent cette distinction de leur vivant. Ceux qui ont la chance de recevoir une distinction honorifique de leur vivant l’ont eu pour des services rendus dans d’autres secteurs d’activités comme le service public. Les artistes seraient-ils donc les mal-aimés de l’administration ?
Services rendus
Justement, c’est pour ces services rendus que les artistes revendiquent également leur part de reconnaissance, au même titre que les fonctionnaires. On pourrait rétorquer à cette revendication par la difficulté des critères d’attribution. En effet, les artistes vont et viennent avec leur gloire, roulant leur bosse ici et là sans qu’il soit toujours possible de les rencarder. Il y a ceux qui ne durent même pas une dizaine d’années mais marquent tout autant une période de l’histoire du showbiz. En outre, l’attribution d’une décoration a souvent une connotation politique. Ceux à qui on l’attribue sont souvent associés politiquement au régime en place. Cette appréciation prouve une nouvelle fois qu’on n’attribue aucunement un statut professionnel digne de ce nom aux artistes malgaches. En effet, si on considère les apports des artistes comme ceux des fonctionnaires, on peut leur attribuer sans aucune réserve une telle distinction. Pourtant, ces artistes portent haut l’étendard de la nation à travers le monde. Et cela, souvent sans contribution ni aide de la part de l’Etat. C’est le cas de plusieurs artistes qui traversent des milliers et des milliers de kilomètres, à leurs propres frais, pour honorer toute une nation par leur art sans que l’Etat ne daigne les honorer. Fort heureusement, Mahaleo et Henri Ratsimbazafy sont les exceptions qui confirment la règle. Mais quels que soient les critères, une médaille d’or au championnat du monde mérite tout au moins une reconnaissance nationale, quelle que soit sa forme. C’est le cas de Jean-Emilien, sacré champion du monde d’harmonica. |
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