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Paysage culturel - Quelques méfaits du désengagement de l’Etat Imprimer Envoyer
Écrit par Tivonaina   
Lundi, 01 Mars 2010 00:11
L’Etat s’est désengagé de la culture depuis belle lurette. Effectivement, si on s’intéresse particulièrement à l’art et aux artistes lors de la Deuxième République, c’est qu’il y avait cet intérêt politique pour la propagande socialiste. Le développement comme idéologie à part entière et l’approche capitaliste des acteurs sociaux s’imposaient progressivement dans la société malgache jusqu’à la marginalisation de l’art par l’ensemble de la société. 
Dure loi du marché
Pourtant, ce désengagement de l’Etat et cette marginalisation de l’art ont permis à des investisseurs de créer un système et une structure qui permettront de gérer économiquement ce secteur. Si, auparavant, les audiovisuels nationaux se trouvaient les principaux producteurs et surtout l’unique moyen de diffusion, les privés, eux, ont pris progressivement le contrôle total du secteur depuis les années 2000. C’est dans cette perspective que le rendement commercial, dans un délai très court, devient le maître mot.  C’est dans cette perspective que les espaces pour faire de réelles découvertes s’amenuisent. Les nouveaux talents doivent alors s’intégrer, avec tout ce que cela suppose, dans le système existant pour espérer réussir. Les rythmes et les styles les plus médiatisés deviennent des moules dans lesquelles ils doivent se fondre pour espérer un succès. 
Difficulté du théâtre
Si tel est le cas dans la musique, les autres expressions artistiques souffrent également de ce changement structurel. Effectivement, les pièces théâtrales, en particulier, se font de plus en plus rares. Il est loin le temps où elles s’enchainent à Isotry. Certes, il y a un certain renouvellement régulier des acteurs, mais la communauté du théâtre s’est étiolée progressivement. Il ne reste plus actuellement que les irr éductibles amoureux de cet art qui s’y activent. Pourtant, le théâtre était un moyen qui permettait à l’Etat d’initier des communions autour des événements de l’histoire nationale, comme l’insurrection du 29 mars 1947. Faute d’enjeu et de rentabilité commerciale, aucun investisseur ne s’y est aventuré. En conséquence, le théâtre cherche un nouveau souffle, sans y réussir, depuis plus de cinq ans.
Investissement étatique
Mais le secteur qui a le plus souffert de ce système est sans doute la littérature. Dans les années 80, Gisèle Rabesahala, alors ministre de la Culture, ne lésinait pas sur les moyens pour éditer voire rééditer des auteurs malgaches et des ouvrages jugés importants pour l’héritage culturel de la nation. C’est ainsi qu’on retrouve une nouvelle édition du fameux 
« Tantara ny Andriana » du Révérend Père Callet, par l’Imprimerie nationale ou encore « Le Tsiny et le Tody » du Pasteur Richard Andriamanjato. Des recueils de grands poètes comme J.J. Rabearivelo et Dox furent également réédités. Ces ouvrages ont totalement disparu du marché mais aucune autre initiative n’a vu le jour depuis. Heureusement que des initiatives comme celles de « Tsipika » subsistent tant bien que mal.         
 

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