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Elles sont cinq, dix, vingt à avoir péri suite à des sévices psychologiques ou corporels, elles sont encore plus nombreuses à avoir survécu mais en gardant des traumatismes dans la tête comme dans leur chair.
Et ça continue, chaque jour une réchappée de l’enfer du Liban avoue le chemin de croix qu’a été son parcours. Ces jeunes femmes ont peur et ont honte ; et il leur faut plusieurs jours voire des semaines de réflexions pour oser franchir le pas de ce qu’elles pensent des « aveux ».
Elles ont été souillées dans leur dignité humaine, elles se culpabilisent d’un état de saleté pour avoir été salies.
Journée de la Femme, naturellement ces victimes, mortes dans l’exercice de leur emploi, violentées dans leur dignité de femme, et celles qui résistent en des lieux d’horreur faute de pouvoir faire autrement interpellent.
On est un peu sidéré d’apprendre le Liban théâtre de ces traitements inhumains simplement. A l’évidence, à partir de ces cas on ne peut conclure à une généralité, mais les cas se répètent avec des variantes plus atroces les unes que les autres. L’image d’un Liban d’une culture élevée pleine de raffinement s’estompe. Il se déroule dans les foyers des comportements esclavagistes sauvages où l’on traite le personnel domestique comme des bêtes, corvéable à merci, jusqu’à le soumettre sexuellement au maître. Une culture primitive, en somme.
Les ONG et autres associations droitdelhommistes dénoncent l’absence de mesures officielles pour stopper l’hémorragie. Elles ont sans doute raison de vouloir secouer les pouvoirs publics ; mais dans leurs ramifications qui couvrent la planète, elles possèdent sûrement des antennes au Liban. Il n’y a pas offense à interpeler les pouvoirs publics sur l’inefficacité des actions qu’ils ont entreprises à Beyrouth tant par le consul que par les missions que l’on y a dépêchées.
Les cérémonies pour célébrer la Journée internationale de la femme trouvent ici leurs limites, les pouvoirs qui se succèdent montent en spectacle leur émotion soit pour rapatrier les victimes soit en accourant aux chevets des malades rapatriées ; et ce, en ameutant les médias. La « traite » d’esclaves se poursuit pourtant sans que les gouvernants ne pensent exiger de ceux qui tirent profit de cette filière, des engagements garantissant les jeunes filles contre toutes formes d’abus.… |
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