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| 7 Février : Une mémoire disputée |
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| Écrit par L. Denis Alexandre |
| Vendredi, 05 Février 2010 00:00 |
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Demain le massacre d’Ambohitsirohitra aura exactement un an sans que les réelles responsabilités soient connues. Certes, une instruction a été ouverte auprès de la justice mais pour le moment, aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans ce dossier. D’autant que l’aspect politique semble avoir pris le dessus sur l’aspect criminel. Qui a donné l’ordre de tirer ? Pourquoi a-t-on tiré sur les manifestants ? Est-ce que la tuerie a été préméditée ? Autant de questions sans réponses pour le moment. Outre le fait que 7 février a été une boucherie qui a coûté la vie à une centaine de personnes dont un journaliste, il a été un des événements qui ont précipité la fin du régime Ravalomanana et donc l’avènement de l’actuel régime transitoire. C’est sur ce point que la commémoration de cette journée fait actuellement l’objet de plusieurs récupérations politiques. Symbole de l’autoritarisme ravalomananien, 7 février signifie pour une aile politique issue du mouvement contestataire de l’année dernière l’impossibilité de tout rapprochement avec l’ancien régime. Cette tendance est actuellement incarnée par l’ancien Premier ministre de la HAT, Monja Roindefo, et motive, en grande partie, son refus d’avaliser les accords politiques de Maputo et d’Addis-Abeba. Principal suspect
Par contre, un autre courant issu du même mouvement anti-Ravalomanana est plus nuancé dans sa position vis-à-vis de la journée du 7 février. Certes, il considère également cet événement comme fondateur mais semble refuser que celui-ci empêche le pays de retrouver la sérénité sociopolitique. Un rapprochement avec les anciens dirigeants est donc toujours possible si cela permet au pays de tourner la page de la crise. D’ailleurs, c’est cette conception qui a permis la signature de la Charte de la Transition l’année dernière ainsi que les accords politiques qui lui sont subséquents dont le plus important semble être la mise à l’écart de Marc Ravalomanana de la gestion de la Transition et l’impossibilité, dans le court terme du moins, de son retour au pays. En effet, dans la tuerie du 7 février, l’ancien Chef d’Etat est le principal « suspect ». Ainsi, l’instruction judiciaire est basée sur sa responsabilité dans cette affaire. Certes, les familles des victimes attendront certainement encore quelques années pour comprendre le fil des événements durant cette journée comme c’était le cas lors de l’affaire du 10 mars 1991. Néanmoins, cette différence de regard sur l’événement ne permet pas toujours de les aider. L. Denis Alexandre
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