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Écrit par L. Denis Alexandre   
Vendredi, 05 Février 2010 00:30
Vers un autre consensus

Lors des interviews accordées à Paris, le Président de la HAT a évoqué plusieurs fois sa proposition quant à la mise en place d’une nouvelle institution non prévue dans les accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Il s’agit du Conseil Supérieur du Contrôle de la Transition. Pour Andry Rajoelina, cette structure marque la volonté des autorités transitoires à inclure les trois mouvances dans la gestion du régime. D’ailleurs, celle-ci semble être au cœur de la contre-proposition que la mouvance Rajoelina a transmis au Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping. « Nous avons déjà soumis notre proposition mais ceci dit, nous allons la remettre en main propre avec des explications parce qu’on ne rejette pas complètement ce qui a été signé à Maputo et à Addis-Abeba. Ce que nous proposons, c’est qu’on veut instaurer un contre-pouvoir, le Conseil Supérieur du Contrôle de la Transition où les trois anciens chefs de l’Etat auront la majorité dans l’Assemblée et à ce moment-là les ordonnances prises en Conseil des ministres seront ratifiées par ce Conseil Supérieur de la Transition dont le Président et les deux vice-présidents seront nommés par l’opposition, c’est-à-dire les trois anciens chefs de l’Etat », a explicité Andry Rajoelina au micro de l’émission « Invité Afrique » de Radio France Internationale.
Pouvoir de contrôle
Déjà, lors de sa rencontre avec quelques parlementaires du groupe d’amitié France-Madagascar, l’actuel locataire d’Ambohitsorohitra a évoqué que ce CSCT fonctionnera durant la période préélectorale. Il aura une double attribution. D’abord, un rôle législatif, « à savoir la ratifications des ordonnances adoptées en Conseil des ministres » et, ensuite, un rôle de « contrôle des activités du gouvernement, de la CENI et de l’Administration en général ». En revanche, Andry Rajoelina n’a pas détaillé ni les contours exacts des pouvoirs que détiendra cette institution ni les limites de ces pouvoirs. En effet, si le futur CSCT (au cas où il sera instauré, bien sûr), dispose d’un droit de véto sur les décisions prises par l’exécutif, il se pourrait que la gestion du pays se trouve dans une autre situation de blocage de même intensité voire même plus, que lors de la courte expérience de cohabitation après la signature de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba. En tout cas, pour le moment, on n’en sait presque rien sur cette nouvelle institution dont la mise en place dépend en grande partie de l’accord des trois mouvances et celui de la communauté internationale. Le moins qu’on puisse dire ce qu’elle constitue la principale initiative des autorités transitoires dans le dessein de mettre en place une transition inclusive et consensuelle.
 

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