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Décision après le 10 février
L’ultimatum de l’Union africaine a déjà expiré vendredi dernier et on attend encore sa décision sur la situation à Madagascar et les mesures qu’elle pourra prendre. Quant à l’Union européenne, sa position sera connue après la réunion que tiendra mercredi prochain le Groupe Afrique à Bruxelles. L’enjeu est de taille pour le pays dans la mesure où, à cette occasion, l’Europe décidera de geler définitivement ou de débloquer près de 600 millions d’euros d’aides. En outre, cette réunion déterminera également l’avenir de la coopération entre Madagascar et son premier partenaire commercial dans le monde. Après la suspension des facilités accordées par l’AGOA, ce sont l’économie malgache en général et la situation sociale des milliers de personnes en particulier qui semblent suspendues à cette décision. De l’avis de la quasi-totalité des spécialistes, une décision défavorable à Madagascar aura un impact très grave non seulement pour la croissance de l’économie mais également pour les conditions socioéconomiques de la population. En fait, l’aide et les facilités accordées par l’Union européenne aux pays du Sud entre dans le cadre de l’Accord de Cotonou qui lie l’UE avec les pays ACP. En vertu des termes de cet accord, ces derniers doivent adhérer à des principes comme le respect des droits de l'homme, la démocratie ou encore le respect de l’Etat de droit afin de maintenir les liens multilatéraux et continuer ainsi à recevoir une assistance.
Lobbying international
En juillet de l’année dernière, l'UE a dénoncé un « transfert forcé du pouvoir » à Madagascar qu’elle considère comme une « violation flagrante » de l'Accord de Cotonou. Entretemps, les donnes ont changé du fait des accords politiques signés à Maputo et à Addis-Abeba sous l’égide de la médiation internationale. Et comme l’aide européenne a été « simplement gelée », l’espoir de recouvrir les 600 millions d’euros a toujours existé. Néanmoins, le blocage dans la mise en œuvre des accords signés dans les capitales africaines hypothèque une nouvelle fois leur déblocage. Cela explique le plan de relance du Groupe International de Contact proposé par Jean Ping au mois de janvier dernier. Les quatre mouvances devraient chacune donner leur position politique avant que le GIC décide de l’avenir de la coopération entre Madagascar et la communauté internationale. On attend encore cette décision dans un futur proche même si on connaît déjà qu’il y a eu divergence de vues entre la mouvance Rajoelina et les trois autres. Certes, le Président de la HAT a fait des concessions notamment en proposant d’associer ces dernières dans la gestion du régime par le biais du Conseil Supérieur de Contrôle de la Transition. Cela est-il suffisant pour empêcher le pays d’être sanctionné ? On n’en sait encore trop rien. Mais c’est sur ce point que la mission diplomatique entreprise par un véritable « task force » dans plusieurs pays européens et américains est intéressante. Dans la mesure où la France occupe une place importante au sein de l’Union européenne, il est toujours envisageable qu’elle tentera d’amener ses partenaires membres de l’Organisation paneuropéenne à une position moins défavorable au cas où le GIC considère qu’aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans la résolution de la crise. Ce que Lydie Boka, fondateur de Strategico, une société spécialisée en géopolitique, a confirmé à une agence de presse internationale. « Ils (NDLR la France et Madagascar) ont des liens de longue date, des liens commerciaux, des liens historiques, des liens de vie. Une telle décision aurait une incidence sur la France plus que les autres Etats de l'UE ». Après la réunion du 10 février prochain, on pourrait donc savoir si le lobbying international mené par la Transition a réussi ou non.
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